Le complexe du kleenex usagé

Le complexe du kleenex usagé

Par 14 juillet 2015 Actualités

N’avez-vous jamais ressenti cette terrible impression de n’être qu’un mouchoir usagé qu’on jette à la poubelle une fois qu’il a servi ? Après une déception amoureuse, une trahison amicale, un rejet professionnel, des tensions familiales, une exclusion quelconque, n’avez-vous pas ressenti ce vide intérieur et cette perte d’estime personnelle mêlés au sentiment de n’être plus assez bien ni suffisamment utile pour personne ? Finie la période faste de la plénitude, de la reconnaissance et de l’éclat. Vous vous sentiez alors unique et fort, plein d’espoirs et d’encouragements, prêt à accomplir de grandes choses, jusqu’au moment où survient cette sombre déchéance où vous n’avez alors plus de rôle, ni de fonction ni même une vision claire du futur qui vous attend. Vous êtes sur le bas côté de la route. C’est fini. Le manque, les regrets, le sentiment d’égarement brouillent toutes perspectives. Vous avez l’impression d’avoir été piétiné de l’intérieur et d’être en mille morceaux, mis-à-l ‘écart, tandis qu’autour de vous la vie continue.

Lorsque vous êtes parti vous installer à l’étranger, vous avez parfois abandonné une carrière et des ambitions professionnelles pour cette formidable aventure internationale. Mais là encore, une fois que vous avez aidé tous les membres de votre famille à trouver leur place et que tous ont recréé des habitudes de vie indispensables, vous voilà seul à vous demander ce que vous valez dorénavant. Vous vous êtes sacrifié pour le bien-être de tous, mais qui se rend compte que le prix à payer a souvent été de renoncer à une part de vous-même ?

En s’inspirant du travail d’Isabelle Gauducheau & Mary Laure Teyssedre (« Les 5 blessures de l’âme ») nous pouvons apprécier les souffrances qui sont à l’origine de notre perte de confiance en soi. L’impression de n’être plus rien que nous renvoie les échecs, les ruptures et les changements de vie teinte notre façon de voir notre existence générale, ce que sommes dans notre identité et ce que nous souhaitons réellement pour notre avenir. Nous devenons l’expression de nos blessures.

Souffrir du rejet. Nous avons peur de ne plus être aimé par quiconque, dans une profonde insécurité intérieure. Si on nous laisse, c’est que nous ne méritons pas d’être aimé ou reconnu, car nous attribuons à l’autre notre pouvoir d’existence. Nous n’existons qu’à travers les yeux de l’autre qui nous rassure ou à l’inverse nous anéanti. Jusqu’à ce qu’on s’émancipe de ce besoin de caution de soi qu’on donne à autrui, nous n’existons pas pour nous-même. Notre vie est portant unique. Nous avons tous les compétences pour réussir à notre manière ce que ambitionnons. Nous pouvons être capable et indépendant ; « J’existe car je suis. »

Souffrir d’abandon. Nous ne sommes bien qu’entouré, avec un important besoin du soutien de nos proches pour être réconforté, comme si la preuve que nous en valons la peine ne pouvait provenir que de l’extérieur. Je dépends de l’amour ou de la reconnaissance qu’on me porte. Pourtant, nous existons car nous avons notre propre pouvoir d’existence, nous pouvons nous-mêmes combler nos besoins de façon autonome avec nos propres stratégies créatrices. Nous pouvons être autonome et important ; « Je suis suffisant tel que je suis ».

Souffrir de l’humiliation. Nous avons entendu tant de reproches sur notre manque de perfection que nous nous pensons défaillants : pas assez bien, pas assez intelligent, pas assez conforme. Mais ces exigences proviennent souvent d’une insécurité qui a été projetée sur nous et qui devient malheureusement notre référence interne. Nous avons alors honte de ce que nous sommes. Pourtant il faut commencer par se respecter soi-même, réapprendre à s’aimer soi dans notre réalité complexe, dans nos qualités et dans nos défauts. Réapprendre à aimer son corps, son mode de pensée, son histoire et ses aspirations, aussi imparfaits soient-ils. Nous pouvons être plus tolérant avec nous-même ; « je m’aime tel que je suis. »

Souffrir de trahison. Vous avez accordé votre confiance à l’autre, vous avez cru ceux qui vous entourent, parfois au détriment de vos propres impressions. Un plan d’actions était parfois tracé ainsi qu’un avenir relativement sur, et soudainement c’est le chaos, vous avez perdu pied. Vous vous êtes trompé sur vos certitudes, vous doutez dorénavant de tous et de tout, et surtout de vous-même. Vous aviez tant mis d’espoir sur la relation extérieure que vous vous êtes oublié vous-même. Vous ne voyez peut-être plus que vos accomplissements proviennent de vos actions, de vos talents et de votre force. Nous pouvons croire en notre potentiel ; « j’ai confiance en moi ».

Souffrir du jugement. Vous souhaitez tellement comprendre les raisons de votre désaveu que vous prenez pour vrai les raisons subjectives et totalement biaisées qu’on vous fournit. D’ailleurs vous vous sentez souvent pleinement responsable des échecs. Vous croyez vraiment que tout est de votre faute puisque vous avez des tords (qui n’en a pas ?), que vous êtes imparfait (comme tout le monde ?) et que vous n’êtes pas assez bien (par rapport à quel idéal ?) Pourtant, souvent dans ces reproches se trouve un profond manque d’empathie de la part de l’autre et une victimisation de la votre qui n’autorise pas la liberté d’être différent. Nous pouvons être libre d’être soi ; « je peux être aimé tel que je suis. »

Nous ne sommes certainement pas un kleenex qu’on use et jette. Un kleenex est à usage unique, nous nous sommes déjà relevé de bien d’autres déconvenues. Il ne s’agit pas d’un kleenex mais d’un mouchoir qui se lave quand il est sale pour retrouver son éclat. Un mouchoir qui nettoie, sèche les larmes, se fait remarquer quand on l’agite, et qu’on porte même parfois à la boutonnière… tout prêt du cœur. Mais nous ne sommes pas non plus une chose ou une action, nous sommes bien plus que cela. Nous sommes des individus uniques, des êtres doués d’accomplissements multiples et variés. Nous sommes le détendeur de ce mouchoir, nous sommes aussi celui qui décide de jeter le kleenex à la poubelle si bon nous semble. La fin d’une histoire amoureuse, amicale, professionnelle ou familiale n’est pas la fin de nous, ni la fin de tout. Ce n’est qu’une fin partielle d’une situation particulière.

Vous vous sentez vide et sans but ? Parfait ! Tout est à écrire ! Vous avez une toile vierge à colorier, une feuille blanche pour écrire un nouveau récit. Vous avez aujourd’hui et demain. Ce n’est qu’hier qui est à mettre de côté, pas vous. Vous êtes unique, important, résilient, aimable par vous même et par le monde. Vous pouvez vous relever et tracer dorénavant votre vie de façon libre et autonome…en jetant ce kleenex qui vous aveugle.

Si vous avez besoin d’informations, n’hésitez pas à m’écrire : magdalena@intelligence-nomade.com

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